Andy avait raison. Le blog, je commence à l'apprivoiser. Je commence à m'habituer à ce que n'importe qui – et surtout des gens que je fréquente dans la vie – puisse lire ce que je dévoile sur ma vie, puisse s'en faire une opinion, puisse «répandre l'information» et potiner.
Si je parle de ça, c'est parce que ma vie amoureuse est un bordel depuis quelques mois. Mon boum-boum est complètement désorienté et tout semble se bousculer autour de moi. Un mec que je n'avais jamais vu comme tel devient mon copain (amoureux?) l'espace fugace d'un battement de coeur. Un autre, que j'avais décidé d'oublier après tant de temps, revient dans mon monde chaotique. D'autres se dévoilent, sans que je n'ait eu l'impression de les y encourager et sans que j'ait envie de donner suite (et de perdre des amis du même coup).
Bref, un de ces mecs, que je ne nommerai pas pour cause de lectorat trop connu (déjà que j'aborde le sujet!), mais qui se reconnaîtra s'il me rend visite un jour, m'a récemment causé moult insomnies (c’est une image, je dors comme un bébé). Me remettant à peine d'une relation très physique (je ne trouve pas d’autre mot, mais le sens sexuel n'est pas le seul à y voir), je croyais que je pourrais profiter d'une pause où je pourrais me retirer dans mon monastère intérieur – et accessoirement aller me réfugier sur le bord d'une quelconque étendue d'eau – afin de faire le point et comprendre ce que je cherche vraiment et ce que je veux vraiment être. Mais Destin ne voyait pas cela du même oeil et ce mec (que nous nommerons monsieur Y. car la vraie lettre de son prénom est trop connue de gens qui pourraient me lire) que je harcèle (ce sont ces mots) depuis des années (trois, quatre?) afin que nous nous revoyions (nous avions déjà eu une «fréquentation» il y a de ça des millénaires) accepte enfin de passer un après-midi avec moi.
Il y a probablement mille choses que je pourrais dire à propos de cette journée. Trop courte, oui, mais aussi pleine du plaisir d'être avec quelqu'un de qui je me sens si proche, même après tout ce temps. Monsieur Y., je ne l'avais jamais vraiment oublié (et lui non plus, à ce qu'il m'a dit). Je pensais à lui chaque fois que j'allais poser mes fesses sur le dernier banc sur le quai du métro Sauvé, direction Côte-Vertu, je pensais à lui à chaque fois que j'allais à la bibliothèque du quartier, me réfugiant dans la section science-fiction en espérant tomber sur lui par hasard, je pensais à lui à chaque fois que j'entrais dans la cabine téléphonique de mon arrêt d'autobus direction le CÉGEP, j'ai pensé à lui longtemps en empruntant ce petit chemin qui passe derrière chez moi. Je n'étais pas amoureuse, j'espère ne pas projeter cette image. Il avait seulement gardé une petite place dans mon esprit, dans le coin là. Bref donc cette journée a été pleine du bonheur de revoir celui qui m'avait tant marquée, de le redécouvrir et de voir que tout ce qui avait changé en lui était pour le mieux et que ce qui ne l'était pas était encore aussi charmant (quels yeux messieurs-dames!). Je n'ai pas pensé à l'autre (celui dont je tentais de me remettre) une seule fois pendant ces 8 heures (si je compte bien). Je l'ai même demandé en mariage (!) signifiant par cela: «je suis bien avec toi, mais comprends que j'ai besoin de temps.» J'espérais qu'il pense la même chose, que lui aussi avait envie de me réapprivoiser et de me redécouvrir, et que pas-à-pas, tout ce bordel se rangerait dans ma tête et que nous pourrions essayer, peut-être, si tous les préalables avaient été concluants, de refaire cette expérience.
En rentrant chez moi ce soir-là, quelques parties de moi sentaient lui (mes mains en fait) et ça m'a fait sourire (ok, ptête que c'était l'odeur de la petite Marika au joli prénom que je revenais de garder mais l'idée est là). J'ai commencé à faire des projets pour la prochaine fois, en me disant que j'étais bien heureuse qu'il ait compris que je venais à peine de me faire larguer (disons-le) et que j'avais besoin de temps (je croyais que mon ode au célibat heureux avait été assez claire). Mais qu'en même temps, je voulais terriblement le revoir et passer encore d'autres moments tout aussi savoureux (merci synonymes de word!).
À ce point, je me sens un peu agace. Je viens de terminer une relation somme toute très agréable (et que j’aurais aimé voir se continuer beaucoup plus longtemps) avec un mec que j’avais accepté de commencer à aimer, et je parle déjà d’un monsieur Y. Je crois vous avoir déjà fait comprendre ce que je ressent, pour monsieur Y. Je ne peut donc qu’ajouter qu’au moment où je l’ai revu, je n’avait pas l’intention de sortir avec (quelle laide expression), mais bien de reprendre contact en espérant que la prochaine rencontre n’ait pas lieu – comme la fois précédente – deux ans plus tard. Si cette sortie, et les suivantes, menaient à quelque chose, tant mieux. Sinon, tant pis, j’avais quand même passé un très bon moment.
Bref, je me remettais lentement d’une douleur et parallèlement (et non pas, à ce que certains pourraient être tentés de croire, en contrepartie. L’un et l’autre étaient dissociés dans ma tête) je redécouvrait ce mec de qui je m’étais toujours sentie si proche, quand l’Autre est revenu en ville (histoire de camps, raison de notre rupture, les détails sont inutiles) et qu’il s’est pointé le bout du nez sur mon msn (rupture à l’amiable, nous avons convenus, et j’en remercie grandement notre maturité à tous les deux, que cette parenthèse ne devait pas affecter notre longue amitié), provoquant en moi des sentiments que je ne croyais pas posséder. Nous avions rompu depuis peu, certes, mais je croyais ne pas pouvoir être bouleversée à ce point de le savoir dans la même ville que moi (à une île près). Bref, j’ai eu un coup de palpitant de travers et je me suis sentie toute croche (il y a un jeu de mot sublimement nul ici). Là, erreur, j’ai raconté mes troubles à monsieur Y. (oui, baissez les bras et levez les yeux au ciel, je suis une conne), qui dare-dare a résillé nos fiançailles (ouvrons une parenthèse pour parler de ce bracelet en élastique que je lui ai offert en guise de bague de fiançailles et que je souhaitais naïvement le voir porter lors de notre prochaine rencontre) pour la raison que «le fiancé n’a pas l’intention d’être un moyen d’oublier» (c’était une citation). S’ensuivirent l’échange de courriels (de plus en plus acides) et l’interdiction de tenter de communiquer de cette façon avec lui jusqu’à la fin de mes jours.
Si j’écris tout ça dans un post, publiquement (alors que parler de mes histoires d’organe répandeur de sang dans le corps n’a jamais été mon fort), c’est que je ne veux pas que tout cela s’arrête pour une bêtise. Je suis la pire des connes, c’est admis, maintenant quoi? À une amie qui en avait marre d’entendre parler de monsieur Y., j’ai confié que je croyais que lui et moi, on allait à 30 ans se croiser dans la rue, se redécouvrir, se marier et avoir plein de bambins (dont Mariane serait une des marraines, évidemment). Je ne dis pas ça souvent de beaucoup de mâles, sachez-le. Et il n’y a pas beaucoup de mâles que je m’acharne (c’est assez proche de la vérité) à revoir à ce point. Disons aucun et nous serons dans la vérité. Alors comme j’ai pas le droit de lui envoyer de mails, que je n’ai pas l’intention de lui téléphoner ni de sonner chez lui et que se déconnecter d’msn est bien trop facile, je poste, dans l’espoir qu’il vienne me lire où que mon public délirant (oui oui toi, en passant, salut à mon public Sénégalais! Et, habitants de Casablanca, préparez vous, je viens vous voir en avril 2007. Sans blague!) me conseille efficacement. Aussi, admettons-le, écrire tout ça m’a permis de mettre toute cette cacophonie au clair.
Donc, j’attend. Vais-je avoir une 2e chance? Va t-il comprendre qu’il est loin, loin, loin, loin de me servir de «moyen d’oublier», ni de quoi que ce soit d’autre? Vais-je passer le balai (ou faire la vaisselle) dans ce foutoir de mon monde amoureux? Vais-je me faire lapider par l’Autre qui aura lu tout ça, mal compris et s’en sentira offusqué? (c’est vrai que, de loin, j’ai l’air amoureuse de ce monsieur Y. Que nenni, ce serait bien trop facile!) Tout ça et bien plus dans le prochain épisode des aventures de G., la jus d’orange.
(message à l’Autre, si tu lis cela un jour : j’étais en train de tomber amoureuse de toi. Je n’ai pas voulu te retenir, c’aurait été inutile. J’espère que tu vois bien que je ne t’ai pas remplacé en un clin d’œil, ni que j’ai pensé à quelqu’un d’autre tout ce temps. Tu as réellement su me rendre heureuse pendant ces quelques semaines.)
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Je poste vraiment ça pour vrai? Argh c'est l'équivalent de se mettre nu en public! Faites attention à vos remarques assasines il s'agit ici d'un sujet vachement douloureux.
(Je suis désormais atteinte d'un syndrome weird. La seule personne dont l'opinion m'importe vraiment, c'est Andy. Enfin pas exactement. Mais que pensera t-elle?)
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Argh, j'appuie sur «Publier» et mon iTunes (possédé par le diable, sûrement) me balance cette chanson dans les oreilles. Putain de hasard.
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J'ai publié ça depuis ptête 20 minutes et j'angoisse grave depuis 20 minutes… combien de temps le post va t-il rester en ligne? Telle est la question!