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À Buenos Aires, il fait chaud. La sueur qui coule le long du dos les vêtements les plus légers possible Sasha se promène en costume de bain dans l’appartement éclats de rouge. Il fait chaud il fait chaud. Il est impossible de penser ici impossible de penser à quoi que ce soit d’autre que je veux prendre une douche.
Je marche sur Defensa la rue de pierres inégales les gens sont tous devenus blonds. Personne ne se cache pour parler anglais sur Defensa prendre des photos c’est le printemps et la saison des touristes. Hors de chez moi je sens un vent sur ma peau sur mes jambes sur mes bras sur mon visage. Soulagement. Je pense à une crème glacée la rue la ville est pleine de crème glacée je pense au froid dans ma bouche je pense à la douche de mon appartement la douche en béton pièce sombre je pense à la sensation de l’eau fraîche sur mon visage. Il fait chaud.
Il y a deux mois nous avons célébré l’arrivée du printemps avec Nick Jake Anaïs. J’étais au lit j’étais malade je ne pouvais rien manger rien d’autre que du yogurt maison une cuiller et une autre cuiller et une autre cuiller délébérément. Nick Jake Anaïs étaient en train de dévorer le souper à table et je n’avais pas pu rester debout j’étais allée au lit et Nick Jake Anaïs étaient venus me rejoindre à minuit nous avions célébré le printemps vive le printemps! que nous avions dit l’hiver à Buenos Aires est- était, vive le printemps!- humide et gris.
Deux mois plus tard ce n’est même pas encore l’été et j’étouffe entre les édifices beige. La nuit est supportable mais pas dans mon appartement mon appartement est comme une serre. À cinq heures du matin Sasha et Justine et moi sommes encore réveillées impossible de dormir il fait trop chaud. Les fenêtres sont ouvertes je sens les gouttes d’humidité se former dans les replis de mon corps mon coude mon genou mon cou se former et lentement glisser attirés par la gravité. Je finis par dormir j’ai terminé de lire mon livre et mon autre livre je m’endors d’un soleil entrecoupé par les bruits du chien Strummer qui monte les marches de métal par Jose Manuel qui se verse un verre d’eau par Allie qui prépare des tacos à vendre dans la rue. Rêves de chaleur.
Le lendemain matin je me réveille avant tout le monde. Il n’y a pas de pain pas de lait pas d’œuf pas de déjeuner et la règle dit Ne Pas Utiliser L’Ordinateur Avant D’Avoir Déjeuné. C’est une bonne règle. Je dois sortir aller au chino comme tous les matins et acheter du pain (un peu brun, le pain, et ils disent intégral) œuf lait. Les fraises sont en saison les poires toujours aussi délicieuses. Il fait plus frais dehors. Au chino, une femme achète plus que trois items et je réalise que je me suis habituée à vivre à Buenos Aires à manger des facturas des galletitas (pâtisseries et biscuits) pour déjeuner. Che, queres un maté?
L’autre soir j’étais chez Martin et le soleil descendait. On va sur le toit? que j’ai dit. Il y avait un vent fort on voyait le fleuve le Rio de la Plata au loin encadré par les édifices du Puerto Madero. Nous sommes restés à regarder la ville changer de couleur. Il s’est mis à faire froid. Enfin.