yeah, it looks good on you.


California Zephyr
17 janvier 2012, 18.32
Filed under: Français

Quand j’ai réalisé que j’avais perdu mon passeport j’ai soudainement cessé de chercher dans mes poches et j’ai annoncé j’ai perdu mon passeport. Laurent et Brian ont levé la tête et j’ai répété j’ai perdu mon passeport. Je cherchais dans mon sac, frénétiquement, touchant les poches de mon manteau pour la millième fois j’ai répété j’ai perdu mon passeport parce qu’il n’y avait rien d’autre à dire. Laurent s’est mis à téléphonner à la police et je me suis assise sur le sofa le dos droit, non, probablement le dos un peu évaché les yeux humide le corps raide, raide de fatigue de stress de tristesse aussi d’être sur le point de partir l’esprit tournant en rond où est mon passeport.

Nous étions sur le point d’embarquer dans le train celui qui va de Emeryville, à côté d’Oakland à côté de la maison de Brian dans le train jusqu’à Chicago Illinois. Mon passeport était dans ma poche la veille je me souviens nous allions manquer l’autobus je m’étais mise à courir ma poche était ouverte mon lecteur mp3 était tombé dans le noir je l’ai ramassé j’ai continué à courrir nous sommes embarqués dans l’autobus j’étais stressée d’avoir dit au revoir à Ithaka pour la quatrième fois en un peu plus d’un an d’avoir le coeur brisé une fois de plus d’être sur le point de retourner à Montréal je n’ai pas remarqué que mon passeport avait disparu jusqu’au lendemain matin. J’étais assise sur le sofa chez Brian le sofa un peu mou qui s’enfonçait sous mon poids et je pensais à mon passeport pendant que Laurent appelait le BART. L’ironie était trop forte. Moi moi j’avais voyagé des mois et des mois en Amérique Latine m’étais mise dans des situations aussi stupides que dangereuses avait laissé mon foutu passeport traîner dans tous les coins et c’était la veille de mon départ la veille de mon retour que, à Oakland!, il tombait de ma poche, aussi simple que ça personne ne me l’avait volé il était tombé. De ma poche.

Il n’y avait pas grand chose d’autre à faire d’autre que de marcher jusqu’à la station de train. Récupérer nos billets. Dire au revoir à Brian. Embarquer dans le train. Et attendre d’arriver à Chicago.






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