(Attention: cette critique aurait du paraître dans la bouquinerie, mais des raisons évidentes d’encore-en-constructionnisme m’obligent à le pitcher ici. Tant pis pour les chialeurs.)
Mes tendres années d’école secondaire ont été marquées par un amour quasi-valétudinaire pour Bernie W., Bernard Werber, le Dieu des Fourmis et des Thanatonautes (et de plein d’autres trucs). Après ingestion complète (hormis deux ou trois BD et une pièce de théâtre) de son Oeuvre (ironiquement majusculée, j’avoue), je me considère comme une pas pire critique du sujet. Bref.
Bernard Werber est l’auteur d’une quantité limitée de thèmes, de sujet et de noms de personnages (non mais quand même c’est redondant, quelqu’un pourrait pas lui offrir un bottin téléphonique?!). Ces derniers, en plus de toujours s’appeler pareil (ou d’être des célébrités!!!), possèdent une personalité souvent quelconque (même les personnages principaux). Ouais, c’est cool Bernie, c’est bien intéressant tous les petits faits mais bon, on s’en lasse, surtout quand on se rend compte que littératuralement parlant, son style est plutôt râpe à fromage.
Enfin, malgré tout, je me devais d’aller voir son film, présenté en première mondiale (dit-il en se pétant les bretelles, son crâne dégarni aveuglant les adulateurs massés dans la salle) cette semaine au Festival des Films du Monde. Les critiques assez démoralisatrices que j’avais lues m’avaient averties de ce que je savais à l’avance: le film, tout comme ses derniers livres, ne serait rien d’autre qu’un condensé remâché de, en désordre, fourmis-rats-dieux-relations humaines-personnages sans personnalités-vedettes (quoique, bonheur, les 85 minutes n’en contenait aucune… manque de budget?)-etc. J’ai quand même traîné Nico avec moi et, après un trajet en métro digne d’une aventure d’Indiana Jones, un attente toute en mimes devant le cinéma Impérial et un vidéo trop chouuu, nous avons végété devant l’horrible machin qu’a éructé mon idole de jeunesse.
Nico a dit que c’était un style de Hitchiker’s Guide to the Galaxy: le film reprenant les côtés les moins bons du livre. J’ai affirmé: «Ce film, c’est comme tous les livres de Bernie mis dans un mixeur et auxquels on aurait rajouté du sucre. Beaucoup de sucre.» Nul? Franchement ouais. Acteurs fades, sans personnalités (dah!), mises en situation débiles, rebondissements incroyables (dans le sens de «on y croit pas»), réactions stupides, allez entassez-moi les qualificatifs. D’une étude impartiale (le film se targue d’être un documentaire animalier produit par des extra-terrestres à propos des humains à travers l’étude de spécimens à l’état naturel et en captivité) qui aurait vraiment pu être poussée, étudiée, regroupant des avis de sociologues, philosphes, biologistes, etc. ou bien d’une satyre franchement comique des documentaires animaliers stupides qu’on voit régulièrement, le film n’a pas la moindre parcelle. Que du déjà vu mille fois. Mal joué. Pas très bien décoré.
Qu’est ce que ça avait de bon? Beh euh. À un moment dans le film, les extra-terrestres envoient un poulet vivant aux spécimens d’humains en captivité pour voir s’ils vont le manger (car semble-il, notre alimentation est uniquement composée de poulet… excellente observations monsieur extra-terrestre…), ce qui n’arrive évidemment pas. Et le poulet reste là, dans la cage, tout au long du film, sans raison particulière. Franchement absurde. Surtout qu’à la fin du film, le poulet disparait mystérieusement, comme oublié par le réalisateur. Donc absurde ET cruel… Et donc assez drôle (même si ce n’était sûrement pas le but visé). Sinon, quoi de bon? Euh. La dame assise à côté de moi était sympa?
C’est terriblement dommage que ce qui a pu être produit par ce si vaniteux monsieur soit aussi ridicule, parce que l’idée était franchement bonne. Tout comme toutes celles de ses livres d’ailleurs. Ce mec devrait passer sa vie à avoir des idées. Il aurait qu’à les vendre, devenir milionaire avec ça et cesser de pourrir la planète des résultats débiles de ces idées géantes. Non? Ouais!!
Ah et PAR PITIÉ, on cesse IMMÉDIATEMENT les références cinématographiques, littéraires ou musicales. Plus de H. G. Wells, s’il-vous-plaît, plus de Marylin, plus rien! Uniquement ce qui sort de ta tête à toi. À toi seulement. Celle de ta voisine de palier pas celle là non l’autre à gauche là ouais, d’accord. Mais personne d’autre. Merci.
Donc, NON, on ne loue PAS. Oh non. Frutltlt. (NdTD: kesséssa Ô.o? tirage de langue? ) Si vous voulez, tapez vous les Fourmis et l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu. Ensuite, goinfrez-vous de Guerre et paix (de Tolstoï). Dans le métro. Et là, vous aurez l’air cool et pourrez flasher en société. Sinon, c’est à vos risques et périls.




