you are the best food for me.


sofia
29 septembre 2011, 23.25
Filed under: English

She’s called Sofia. Joe, when I asked him, he said don’t worry. It’s not a sleazy ex-girlfriend’s name he said. Good. I wouldn’t want to go on a trip with a sleazy ex-girlfriend I thought. Sofia is my bike. She’s blue. She has this weird handlebar everyone looks at it and says what is that. Joe put it there it’s a stick with some Bolivian fabric well that’s not a very good description he thought it would be more comfortable to travel with it and I think he’s probably right.

Sofia has been living right beside my bed for the last month and a half. She has a New Zealand flag and she has a little mirror I don’t really know how to use a mirror on a bike maybe I’ll never learn I normally just look behind my shoulder it’s easier. I also have a helmet now. Bobby forced me to buy it and Maud too they guilted me into buying it even if guilted is not a word. It’s ok though because it has dinosaurs on it I don’t think I could wear a helmet that wouldn’t look ridiculous. I thought maybe a white girl on a bike will go unnoticed in Uruguay how can I make sure people ask me questions.

I am looking forward to leaving Buenos Aires. I never thought I’d say that but now I’m, well, overwhelmed. Oh this city has everything to offer and maybe that’s the problem? People are fantastic they all are and now I have no free time and I never thought having too many friends would ever be a problem how can it be but then I have those dreams where I have too many appointments and I can’t handle it and I wake up and I think maybe this dream was telling me something. It was. It was telling me that the roads of Uruguay are waiting for me.

Tomorrow is the end of the Tacuari appartment. We tried to give it another name but apart from The Lady House nothing sticked Emily calls it Gab’s appartment even if she also pays the rent. I had never signed a lease before, it makes me feel like a grown up even if all I did here was meet people and invite them over to eat and drink Quilmes Stout all these lesbian feminists even Laura she came over and I installed Ubuntu on her computer and we’re talking about this and that and there she is also a feminist I love this city everyone you meet on a bus is a feminist.

I’ll be biking around Uruguay and soon even I’m leaving not tomorrow the day after. I’m a little bit afraid but mostly thrilled. Also, ready. Life is really good.

 



ferromodelismo & radio eqquis
27 septembre 2011, 1.54
Filed under: Français

Avec Nacho nous sommes allés voir un train qui a brûlé. C’est quand j’ai vu ses photos et que j’ai vu la photo du train j’ai dit
où est-ce que c’est ça
et il a dit
c’est pas loin de chez moi si tu veux on va voir un jour.
Bien sûr que je voulais aller voir j’ai dit
oui s’il te plaît oui je veux.
Alors nous sommes allés dimanche hier dans la journée. Il faisait tellement soleil peut-être que je me suis un peu brûlée les joues pas trop seulement un peu et c’est le printemps finalement les fleurs elles sentent bon. Tu passes en-dessous d’un arbre et ça sent tellement bon que tu t’arrêtes et tu respire à plein poumons. J’avais ma bicyclette Sofia et je suis arrivée chez lui après m’être perdue dans le parc Centenario c’est un parc rond, on perd le sens des rues là-dedans.

Quand il a dit
c’est un train qui a brûlé je sais il est où
je m’imaginais le classique la gare de triage sombre la clôture les genoux sales les mains aussi, grimper et se faufiler dans des coins interdits.

Je suis arrivée chez lui il est descendu avec son vélo et nous sommes partis et arrivés
au club de ferromodelismo
le club de amateurs de maquettes de trains. Ceux qui construisent des rails dans leur sous-sol et lancent le train tooot tout est électrique et dans le club il y avait trois adolescents, trop larges dans leurs vêtements, mal à l’aise avec leurs corps immenses qui réparaient le modèle réduit. Le club est dans un vieux wagon encore sur des rails entouré d’autres vieux wagons qui tous appartiennent au club.

Pour arriver au wagon qui a brûlé il faut se faufiler au-dessous du wagon avec les adolescents. Il y avait une fleur on aurait dit qu’elle était sortie tout droit de la jungle mauve vif Nacho il a pris une photo moi aussi avec ma caméra en boîte d’allumettes. Le wagon avait des couleurs incroyable orange brûlé et bleu et les couleurs de la rouille et des magasines porno avec des seins dans le fond là-bas probablement que la nuit quand le club est fermé des sans-abris viennent dormir là-dedans.

J’ai marché lentement dans les ruines j’ai pris quelque photos surtout des couleurs j’ai ramassé des morceaux de vitre ils ont eu tellement chaud qu’ils ont fondu et maintenant ils ont des couleurs incroyable. En me réveillant l’avant-veille j’ai dit
je veux coincer des fleurs séchées entre deux vitres et les offrir en cadeau aux gens que j’aime.
Je sais pas pourquoi j’ai dit ça juste en me réveillant à Emily je lui ai dit elle allait partir pour le marché et je l’ai retenue pour lui dire ça le matin parfois je crois que je ne sais pas trop ce que je fais. Maintenant je suis amoureuse des morceaux de vitre par contre les jolis et Jake il m’en a ramené un à la maison aujourd’hui il est sorti se promener et en revenant il avait à la main deux morceaux de vitre pour moi c’était gentil.

J’ai pris des photos et Nacho aussi plus que moi et nous nous sommes glissés sous l’autre wagon pour retourner à nos vélos et nous sommes allés nous promener dans la ville. Il est cool Nacho. Plein de surprises.

J’ai eu la chance de découvrir cette semaine comment il fonctionne le système de santé en Argentine. Il fonctionne bien. Maintenant que je me sens mieux, je me retrouve avec une radiographie de mon thorax et une nouvelle notion de ce que c’est d’avoir un système de santé public. Ici, ils font beaucoup avec peu.

Pendant que j’étais coincée au lit l’œsophage en feu à tenter de faire entrer cuillerée de yogourt après cuillerée de yogourt, la douleur insoutenable, pliée en deux la fièvre je veux ma maman, je me suis mise à penser à ce que je veux de l’Argentine ce que je veux de moi ce que je veux point. Et j’ai décidé de rentrer pas tout de suite mais bientôt. Simplement l’idée que je suis prête à rentrer que je puisse envisager l’idée que j’ai envie de rentrer de faire de la bière maison d’apprendre à cueillir les champignons du Mont-Royal de me souvenir du nom des rues- c’était nouveau. Impensable non, nouveau. Et même rétablie j’y pense encore c’est vrai et j’ai- hâte.

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Estenopeica
21 septembre 2011, 15.59
Filed under: English

Jime taught me and Rachel and Rosie and Jan and Anaïs how to make a camera estenopeica. A pinhole, out of a matchbox. From the image-less traveller that I have been, roaming the vibrant colours of Latin America with my eyes wide open, I’ve become a click-click junkie, noise-less. At the photography store I went to the man recognizes me. Are you a student he asked me the last time I showed up. I was buying 6 rolls of film and he said I’ll give you the student discount. 6 rolls of film for less than 80 pesos that’s about 20 dollars that’s really good, no? My very first black and while film just came out of the machine the guy at the store said they came out really nice. He recognizes me him too me and my weird camera.

You can see them. They’re- special.

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Rachel, she posted the photos of us selling paper cranes on Plaza de Mayo. Get there, and scroll down to the second post. Yes, the header, er, it’s my face. Oh boy.



jésus mécanique
17 septembre 2011, 16.14
Filed under: Français

Rosie est partie aujourd’hui et je me suis mise à regarder les billets d’avion. Ils sont partout sur l’internet il n’y a qu’à taper « plane tickets » et ils apparaissent et les moins chers les moins chers ils sont de Montevideo à San Francisco. Je le sais parce que c’est exactement ce que j’ai envie de faire, prendre l’avion jusqu’à San Francisco et donner un câlin à Rosie et un autre à Rachel et un autre à Bobby – un très gros à Bobby – et de me rouler en boule, en cuddle puddle, sur le tapis du salon entre les sofas plein de poussière les bacs de riz et raisin sec avec Rachel et Rosie et les autres en câlin géant et puis nous pourrions aller danser dans la salle de bal aux murs blancs. Puis nous pourrions cuisiner ouvrir l’armoire pleine de légumes biologiques local équitable en saison et choisir et faire à manger quelque chose de simplement délicieux uniquement parce que les légumes sont tellement incroyables en Californie.

Avant qu’elle parte, avec Rosie, et Nick qui vient d’arriver, nous sommes allés voir le parc d’attraction Tierra Santa, terre sainte, le parc d’attraction le plus étrange au monde, un parc thématique de JÉSUS. Nick est un peu déprimé ou bien stressé mais il semble malheureux d’être ici et même quand nous avons rencontré le pêcheur en chemin vers le parc il a à peine souri. Le pêcheur il avait des poissons gros comme ça qui pendaient attachés par la bouche sur le banc. Ils viennent nous voler notre eau c’est ce qu’il a dit il a dit ça et puis il a expliqué que les gens viennent des autres pays avec des bateaux pleins d’eau salée et ils viennent dans leur fleuve à eux décharger l’eau salée et voler l’eau douce. Je lui ai demandé si l’eau salée faisait du tort aux poissons et il a dit non mais je crois en fait qu’il ne le savait pas. Le pêcheur il avait juste une seule dent et les poissons qui pendaient s’appelaient dorado, doré et en anglais ça donne goldfish c’est drôle non?

Quand nous sommes descendus du train pour aller au parc de JÉSUS nous avons trouvé un autre parc tout aussi étrange mais beaucoup plus tragique un parc dédié à la mémoire de tous ceux et celles qui sont disparus pendant la dictature en Argentine il y en a beaucoup il y avait une sculpture avec les noms et la sculpture était immense et parfois il y avait un papier à côté d’un nom les noms ils avaient des ages et il y avait un nom qui disait 14 ans et le papier disait qu’elle avait du cacher son frère et sa sœur dans une poubelle pour sauver leur vie et elle elle n’a pas survécu elle avait 14 ans. Je me suis collée sur le mur et ai formé les lettres avec mon doigt elle avait 14 ans et quelqu’un a dit elle doit mourir.

Quand nous sommes arrivés au parc nous étions juste à temps pour voir le spectacle de la nativité de JÉSUS. Il y avait des mannequins muñecas j’oublie toujours ce mot il y avait des mannequins mécaniques et une voix qui venait de quelque part qui racontait l’histoire de JÉSUS qui est né et les roi mages et il y avait les bergers et un des bergers avait des muscles tellement gros qu’on aurait dit Arnold Schwarzenegger. Comment est-ce qu’un endroit comme ça peut donner envie à quelqu’un de respecter la religion catholique comment est-ce qu’un endroit comme ça peut exister? Quand nous sommes arrivés au spectacle de la dernière cène il y avait encore un JÉSUS mécanique et à la fin il levait les bras comme ça lentement avec les pistons qui bougeaient mécanique le JÉSUS et il me faisait peur. Je me suis dit je vais faire des cauchemars c’est impossible. Il y avait des autobus plein de jeunes écoliers et écolières et ils-elles étaient là à prendre des photos acheter des souvenirs manger de la pizza et moi qui croyait que la religion c’était quelque chose de sérieux visiblement la religion ce n’est rien d’autre qu’un parc d’amusement. De l’autre côté du mur il y avait un parc d’eau avec des glissades mais tout était vide c’est l’hiver ici il n’y avait pas d’eau mais il y avait les avions qui passaient l’aéroport est juste à côté une minute tu regardes JÉSUS sur la croix et l’autre tu regardes un avion qui descend  suis-je.

Nous sommes repartis à pied le soleil se couchait. Nous sommes allés au barrio chino j’y vais trop souvent mais c’est le seul endroit en ville ou je peux acheter du beurre d’arachide sans sucre je suis en Argentine je devrais manger des empanadas mais parfois j’ai envie de manger du beurre d’arachide nous avons acheté du gruau et pris la 29 et nous sommes rentrés à la maison.



what is the closest place to paradise?
14 septembre 2011, 17.30
Filed under: English

Uruguay.

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Yesterday was the last night of the lady house. After two weeks of complete bliss, farting glittering nail polish discussions walking around in our underwear leaving the dishes and eating pasta with soy sauce, our trio was about to fall apart, Rachel leaving and being replaced by Nick and Jake (boys! cooties!).

Adventures abounded in the lady house, and so did particularly interesting discussions about the machismo in Latin America. Art too, in a way I hadn’t seen for far too too long. Evenings were spent coding and editing videos, days sitting around in parks learning how to make pinhole cameras and recording every sound possible, listen to this gorgeous subte. Having never really lived with girlfriends before, the lady house was a dream come true, but a dream I hadn’t realised I had.

Yesterday night was Rachel’s leaving party and we made it big. Textes were sent to just about anyone we had crossed ways with in this city, Quilmes negra were bought, risotto appeared on our gas stove. And, at 10 pm, the ladies started appearing. Ladies, of all kind, lesbian feminists, clowns, singers, and even one who looked more like a man. Oh wait, it was a man. For the first 3 hours, the house was filled by gorgeous interesting women of all horizons, porteñas (and others) with their singing Spanish. And one man, ever so out of place, that must have wondered how he got there. We ate oh yum and drank and sang all voices were so beautiful and my grabador endlessly busy. The best party we heard Rachel say. Rosie was quieter, following the conversations in Spanish wherever they were (they were mostly everywhere).

We got to bed, following the Argentinian tradition, well over 5 am. Crashed on the couch, mountains of plates in the sink and a giant puddle of water on the floor, por la culpa of our sink that Jime and her tattooed arms had tried to repair but, erm, failed. The next day was to be filled with emotions, departures and arrivals.

The lady house is no longer.

Oh sad times of travels.

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The best bus line. The best.



para mi madre
10 septembre 2011, 20.24
Filed under: Français

Hier soir, je suis entrée illégalement dans la réserve écologique de Buenos Aires. Juste avant de m’y rendre, en chemin dans les rues de San Telmo, j’ai trouvé une de ces plaques d’immatriculation temporaires sur le sol, devant la bouche béante d’un camion-vidange. Je me suis penchée, l’ai ramassée, l’ai coincée dans mon jean et ai hâté le pas. Belle trouvaille, qu’il a dit, mon compagnon d’infraction.

Entrer dans le parc fut un jeu d’enfant: il n’y a même pas de barrières. Après avoir traversé un champ de tiges beiges au bruit délicieux, nous sommes arrivés sur le sentier, désert, éclairé par la (presque) pleine lune. Les bruits de la ville avaient soudainement disparu, les autos la cumbia les klaxons les autobus les passant l’accent italien les feux rouges les autos, tout ce qui restait était le son des chauve-souris. Le chemin, bien rapidement, nous a mené aux rives du Rio de la Plata à l’eau brune et à la plage rocailleuse. Mon compagnon s’est penché, a trempé un doigt dans l’eau et l’a porté à sa bouche. Salé? Non.

Nous nous sommes assis sur un branche et avons admiré les étoiles. Orion? Comment peut-on voir Orion dans l’hémisphère sud? Et le taureau? Et les pléiades? Mais, regarde, ils sont à l’envers. Buenos Aires est unique en son genre- le vent qui souffle du Rio dégage bien souvent le ciel et, malgré ses 13 millions d’habitants, il est possible de voir des étoiles à l’œil nu, presque chaque soir. À l’obélisque, un homme ventd la lune avec son télescope. 5 pesos, qu’il m’a dit la nuit d’avant. Merci, non. Son ami vient nous voir quelque instants plus tard- vous venez de yankee-land? Mes amies me regardent, non non je suis canadienne. Parfois, elles profitent de ce que je sois la seule non-californienne du groupe pour passer incognito.

En ressortant du parc, nous nous sommes arrêtés à un stand de rue pour souper. Il était 3h du matin et mon estomac grondait. La table donnait vue sur les arbres, les clients autour de nous prostituées et chauffeurs de taxi, un autre monde, groupes d’amis assis sur des chaises en plastique une Quilmes sur la table. On nous avait servi un morceau de viande sur une baguette coupée en deux que nous avions couvert de tous les condiments possible. Fatigue. Ma plaque d’immatriculation était devenue chaude, à la longue. Le sandwiche avait un goût de nuit heureuse.

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Buenos Aires est l’enfant bâtard de Paris et New York, femme trentenaire qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, pleine de complexe et de remise en doute.