you are the best food for me.


And then
19 octobre 2011, 20.03
Filed under: English

Silence.

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skylines
19 octobre 2011, 19.57
Filed under: Français

À Buenos Aires, le printemps s’est emparé des arbres. Le bateau qui s’approchait du port, la main sur la bicyclette, le vert qui mousse autour des gratte-ciels de Puerto Madero. Les odeurs de poisson et de fleurs. Buenos Aires est soudainement devenue plus jolie encore et même le trafic impensable qui bouche chacune des rues ne m’énerve pas. 17 jours de séparation, Buenos Aires, on aurait dit cent ans. Quand je suis arrivée chez James il m’a donné un câlin et il a dit comment c’était- j’ai dit incroyable. Increíble.

C’est difficile de raconter des histoires, ou peut-être que c’est difficile de choisir quelle histoire. Qu’est ce que j’ai appris, je pense, qu’est-ce qui vaudrait la peine d’enseigner au monde. Comment ne pas utiliser son couteau de poche pour réparer des freins? Comment faire la même blague, chaque soir, 100 km plus loin? Les questions sont toujours les mêmes, tout le temps, mille fois par jour. ¿De donde vienes? ¿Pero viajas sola? ¿Y que piensen tus padres? ¿Hace cuanto que viajas así? ¿Y no extrañas a tu familia? Et, inévitablement, ¿No tenes miedo?

No tenes miedo. Tu n’as pas peur. Évidemment que j’ai peur. Ce sont les hommes, surtout, bien sûr, qui me font peur. Les sifflements dans la rue, les mains qui touchent sans gêne, les regards lourds de sous-entendus. Peut-être que c’est ce que je peux enseigner maintenant- l’amoureux imaginaire qui va venir te casser la geule si tu t’approches de moi. Le pepper spray. Couvrir son corps essayer de n’avoir l’air de rien regarde ça ne vaut pas la peine. Bien sûr que j’ai peur, à vivre dans un monde comme ça. Arriver chaque soir bonsoir est-ce que je peux planter ma tente dans un coin vous êtes marié ou vous vivez seul ah oh, merci d’abord à plus tard.

Il y a des années de ça, ma grand-mère paternelle m’a dit quelque chose incroyable. Elle m’a dit tu sais j’ai passé ma vie à avoir peur- peur du moindre éclair ou du moindre visage inconnu. Et j’ai pensé ma vie va être différente. Et au lieu d’être une ancre, la peur, au lieu d’être quelque chose qui m’envahit et paralyse chacun de mes muscles au lieu de me bloquer au lieu de me rouler en boule et de me cacher sous les couvertures au lieu de me fondre dans le moule et espérer prier pour que jamais jamais je n’ait besoin d’affronter la peur au lieu de survivre à la peur j’ai décidé de l’ignorer. L’affronter, peut-être même. J’ai décidé que la peur ne serait jamais une raison pour ne pas faire quelque chose. Parfois les gens me disent c’est inspirant ce que tu fais et je souris. Tant mieux. Parce que j’ai découvert un secret. Bien souvent, il n’y a aucune raison pour avoir peur.

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Je suis donc revenue de l’Uruguay un peu plus heureuse un peu plus mature avec un peu plus d’histoires à conter. Un peu plus sûre de moi, probablement. Un peu plus capable de survivre dans le monde, un peu meilleure à parler avec des étrangers, encore plus s’ils ont un accent uruguayen plein de chhsss. C’est drôle une bicyclette. Je crois, vraiment c’est possible, non? je crois qu’une bicyclette ça a une âme.

 



anoche
11 octobre 2011, 12.54
Filed under: English

And so because of this because of what Im doing I get to meet new people every day. Good, I think, good people every time, even this woman the other night the next morning the dueño arrived and he told me shes afraid of you I cant really imagine why he said out here theres povrety people kill for 50 pesos. 50 pesos thats about 3 dollars really I cant imagine that this wouldnt be an exageration. And really do I look like Ill kill anyone? No.

My legs got stronger and from the mere 30km I covered the first day (but then I had only slept 4 hours the night before eating cake on the plaza at midnight and drinking my favourite Malbec with Jose Manuel and Maite until the wee hours of morning) Im almost thinking of doing it the 50km that remain until Minas today Ive already done 50km it would be 100km that would be a lot.

Every night I meet someone new. Last night I saw that house with the garden gnomes and I thought here – thats normally how I do it I see a place and I think here so I asked and they said of course and gave me a hot chocolate and a shower. I was covered in powder from that gorgeous dirt road I had pedaled on with the palmtrees the story says that the indians were coming down from the north with some food and left the seeds here thats why theres a line of palm trees like that in the middle of Uruguay. The woman she had a cold she said Im going to bed and then the man said do you want pasta I said ys please, I was starving and he gave me pasta and some water and then he said you know I wrote a poem about those palm trees you saw today. I had fallen in love with them too so I asked what is the poem he recited it to me. And then since I was smiling and asking for more he told me a poem about his house the one he grew up in. It was about this wall his dad built and before I knew the man was crying. He said this poem this house theyre very important for me viste. He said let me clean this and cleaned my plate and then gave me a spoonful dulce de leche and then said viste I was in the shower just now viste and shaving myself viste and then I was thinking about you so I wrote you a poem. He had indeed. It was about my blue eyes to sart with and then about other things like travels and adventures. He said viste Im a gaucho poet. I applauded.

Two nights before that I was in an asentamiento thats a Uruguayan favela and I was sleeping with my pepper spray in my hand hugging my passport. People there were the most fantastic people I met ever ever and so when the night after that woman was afraid of me I didnt quite know what to think. There was this other woman before that living in this gorgeous house who insisted so much I had to sleep inside (but Id rather sleep in my tent I said). And before that and before that.

I have, viste, fallen in love. And Sofia, viste, shes not a bike anymore. More like the extension of my legs.



recorrer
5 octobre 2011, 11.37
Filed under: Français

La ou je suis, quand tu arrives au sommet dune colline, ce que tu vois ce nest pas la descente qui tattend, mais plutot la prochaine colline, juste en face. Cest la faute du vent, tellement fort quil faut meme pedaler pour descendre. Tu baisse les vitesses, tu forces avec le haut des fesses humpf et chaque fois que tu arrives au sommet, cest pour voir la prochaine serie de collines quil te faudra attaquer. La ou je suis, cest lUruguay.

La question que personne ne ma encore posee  cest Aimes-tu ca? Cest mieux comme ca, parce que je ne saurais pas quoi repondre. Aimes-tu ca? Oui. Cest probablement la meilleure aventure que jaie jamais vecue. Chaque jour je me reveille dans la meilleure tente du monde, lentement remets les paniers sur la biciclette et continue mon chemin. Chaque soir, avec les ombres qui sallongent, je choisis la ferme qui me semble la plus sympathique. Vous me laissez poser ma tente ici, sil vous plait? Je sors mon tapis de sol a 40 pesos, mon sac de couchage donne par ma grand-mere il y a des annes de ca et jenleve mes souliers. Je regarde la carte, trace la ligne du chemin que jai parcouru dans la journee et commence a cuisiner. Chaque nuit est differente et rassurante de monotonie a la fois. Aimes-tu ce que tu fais, la reponse est oui. Je nai jamais ete autant peu stressee. La vie est simple.

Neanmoins, quand on me pose la question Ca fait combien de temps que tu voyages, je pousse un soupir. Un an, que je dis, un an que ca sera le 7 octobre. Dans 2 jours.

Dans deux jours je serai a la mer. Et apres, je tourne la biciclette et je retourne vers louest. Et apres, le nord.