you are the best food for me.


25
28 novembre 2011, 18.33
Filed under: English, Français

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BsAs
23 novembre 2011, 11.50
Filed under: Français

À Buenos Aires, il fait chaud. La sueur qui coule le long du dos les vêtements les plus légers possible Sasha se promène en costume de bain dans l’appartement éclats de rouge. Il fait chaud il fait chaud. Il est impossible de penser ici impossible de penser à quoi que ce soit d’autre que je veux prendre une douche.

Je marche sur Defensa la rue de pierres inégales les gens sont tous devenus blonds. Personne ne se cache pour parler anglais sur Defensa prendre des photos c’est le printemps et la saison des touristes. Hors de chez moi je sens un vent sur ma peau sur mes jambes sur mes bras sur mon visage. Soulagement. Je pense à une crème glacée la rue la ville est pleine de crème glacée je pense au froid dans ma bouche je pense à la douche de mon appartement la douche en béton pièce sombre je pense à la sensation de l’eau fraîche sur mon visage. Il fait chaud.

Il y a deux mois nous avons célébré l’arrivée du printemps avec Nick Jake Anaïs. J’étais au lit j’étais malade je ne pouvais rien manger rien d’autre que du yogurt maison une cuiller et une autre cuiller et une autre cuiller délébérément. Nick Jake Anaïs étaient en train de dévorer le souper à table et je n’avais pas pu rester debout j’étais allée au lit et Nick Jake Anaïs étaient venus me rejoindre à minuit nous avions célébré le printemps vive le printemps! que nous avions dit l’hiver à Buenos Aires est- était, vive le printemps!- humide et gris.

Deux mois plus tard ce n’est même pas encore l’été et j’étouffe entre les édifices beige. La nuit est supportable mais pas dans mon appartement mon appartement est comme une serre. À cinq heures du matin Sasha et Justine et moi sommes encore réveillées impossible de dormir il fait trop chaud. Les fenêtres sont ouvertes je sens les gouttes d’humidité se former dans les replis de mon corps mon coude mon genou mon cou se former et lentement glisser attirés par la gravité. Je finis par dormir j’ai terminé de lire mon livre et mon autre livre je m’endors d’un soleil entrecoupé par les bruits du chien Strummer qui monte les marches de métal par Jose Manuel qui se verse un verre d’eau par Allie qui prépare des tacos à vendre dans la rue. Rêves de chaleur.

Le lendemain matin je me réveille avant tout le monde. Il n’y a pas de pain pas de lait pas d’œuf pas de déjeuner et la règle dit Ne Pas Utiliser L’Ordinateur Avant D’Avoir Déjeuné. C’est une bonne règle. Je dois sortir aller au chino comme tous les matins et acheter du pain (un peu brun, le pain, et ils disent intégral) œuf lait. Les fraises sont en saison les poires toujours aussi délicieuses. Il fait plus frais dehors. Au chino, une femme achète plus que trois items et je réalise que je me suis habituée à vivre à Buenos Aires à manger des facturas des galletitas (pâtisseries et biscuits) pour déjeuner. Che, queres un maté?

L’autre soir j’étais chez Martin et le soleil descendait. On va sur le toit? que j’ai dit. Il y avait un vent fort on voyait le fleuve le Rio de la Plata au loin encadré par les édifices du Puerto Madero. Nous sommes restés à regarder la ville changer de couleur. Il s’est mis à faire froid. Enfin.



cortito
8 novembre 2011, 12.28
Filed under: English

The road that day was gorgeous. I suddenly had come across a plain covered in palm trees as far as I could see. Then, after climbing a large hill after coming down from the hill before climbing another hill this sign was there with its bullet holes. Time for a photo break.

The eleventh night I met Joaquin who writes his name with a ø- Joaøuin. He said I’ll show you my horse he really likes his horse. I said I’ll take a photo of it and he insisted that I be in the photo. Hello!

I ate a lot of gravel. It’s not very tasty.

The next morning I saw km 1. I thought yes yes this photo needs to happen. Doesn’t it?

At night I got to this farm they let me sleep in the field. I turned out to be quite hard to find a spot that wasn’t littered by dried manure. During the night, I twisted and turned trying to fit my body between the different mounds of hard mud. I was right beside the road, trucks driving by all night long going from Montevideo to Argentina. I didn’t sleep very well.

I thought this fog is weird it doesn’t disappear even if the wind is incredibly strong. It doesn’t even feel humid. Strange. At night, the people said did you notice the ashes they had to close the airports because of it. Uh-oh I though. Bad for my lungs.

There was a sign promising me geological marvels. All I found was an abandoned summer camp and a beach. Good enough.
.

At the meditation course, at the back of the garden, there was those ant trails. I would crouch beside them and admire their work. Ants here are bigger. They walk around with leaves, purposefully.

There was also, hidden in a corner, an old rusty see-saw. There was also a swing that me and Diego illegally went and used after the course was over. Sqweak it made. I don’t know if it was very safe.

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Then I went back to Buenos Aires and Allie and Justine and Jose-Manuel gave me hugs. Tell me everything chica Allie said. I answered this light is fantastic let me take a photo of you. I like her.



corto
7 novembre 2011, 14.16
Filed under: English

When I stopped the first night my body refused to move any more. The farmer he said you can put the tent there and pointed a white building. He said there’s a bathroom inside. He put a light bulb in a socket there was in the building and said you can use the light. When I went to pee, two frogs came out of the bowl. They jumped out hurriedly and disappeared in a corner. On the way out, I noticed a deer head on the wall.

The second night I stopped in Nueva Helvetia- New Switzerland- and asked for water. They said where are you sleeping tonight and I said I don’t know. Then they said ooh but this direction it’s dangerous you should sleep here tonight. They said we own the football club and you can sleep in a corner. There was this swimming pool out back, they hadn’t cleaned it for the summer yet. It was all rusty. I put my tent in a corner and read a book waiting for the sun to set. As I was going to bed, the owner came back. He said I talked to the police told them everything is ok they shouldn’t bother you. At 2 am I was woken up by lights the police had come and asked for my passport. I decided that I’d never sleep in a town again.

The next day I went through a Big Town. Everyone was looking at me at my helmet at my bike with, maybe, incomprehension. I ended up spending the night on a farm they gave me homemade milk that had just come out of the cow it was the most delicious milk I had ever tasted.

The fourth night I asked and asked and everyone was saying no. A dog bit me not too badly but just enough to eat my energy and make the stress climb in my veins. When they said yes at this place where they raise chicken I was incredibly grateful. They ended up waking me up in the middle of the night it’s raining come inside. Dragged the tent in the garage and gave me a bed. I coughed all night long, maybe I had caught a cold?

The sixth night I got to Maldonado and hadn’t realised it would be so big. When the sun set, I was still in the city wondering where I could sleep. This man stopped me on the street and offered me a place in this woman’s garden. The next day, rain and wind forced me to stay one more night- I hear the wind was so strong that it killed two unfortunates in Buenos Aires. Lucky for me, my hosts were also had Big Hearts.

Maldonado is also Punta del Este and Punta del Este is where the Rio de la Plata meets the Ocean. It’s a rich rich place where Brazilians and Argentinians go for holidays. The rich ones.

The beach culture in Urugay maybe reminds me of California a little bit but not too much. It’s very different from the countryside- the rest of the country- though. Two kids were hitch-hiking with a surfboard. The houses were bigger. And the saline air ate my chain. I had to wash it and cover it in oil the next day.



le quatrième jour
4 novembre 2011, 0.24
Filed under: Français

Derrière moi, une femme pleure. Ses larmes je les sens comme si elles coulaient le long de mes joues. Ses sanglots aussi ils montent dans sa gorge les sanglots et sortent en cri animal de douleur. Chaque son me heurte vient en onde ils atteignent mon dos entrent et se répandent dans mes veines avec le désir de me retourner de me retourner et de la toucher la prendre dans mes bras et dire chuut je suis là.

Je l’ignore.

L’ignorer est impossible mais je l’ignore. Mes jambes sont croisées les mains sur les genoux les yeux fermés et je l’ignore. Je sais qu’elle existe je la sens sa douleur elle est en moi mais je ne réagis pas je n’ai pas le droit de réagir. Je dois méditer penser à ma respiration qui entre et sort et entre et sort sur les sensations qu’ils ont dit concentrez-vous sur les sensations que sent ton genou que sent ton pouce gauche que sent le sommet de ta tête ne pense qu’à ça.

C’est le quatrième jour de mon cours de médiation. Pour 10 jours, qu’ils disent, pour dix jours je devrai rester silencieuse les jambes en lotus à méditer. Méditer, que je me dis, qu’est-ce que ça veut dire méditer j’ai jamais fait ça de ma vie méditer je sais même pas si je suis d’accord avec la méditation et les « énergies » et les théories foireuses qu’il faut croire pour pouvoir se « connecter avec sa spiritualité ». Mais j’y suis j’y reste et quand elle a dit buen viaje Sofia pas la bicyclette l’autre celle que j’ai rencontré le jour zéro j’ai eu peur et j’ai eu hâte et je me suis dit dans quoi je me suis embarquée.

Le jour quatre le jour quatre le jour quatre- le jour quatre nous commençons la Technique concentre-toi sur les sensations starting from the top of your head que nous dit l’enregistrement la voix de Goenka le Professeur. Il faut se déplacer mais lentement ne pas oublier le moindre recoin et surtout surtout observer avec équanimité- equanimidad que dit la traduction en espagnol, equanimity que dit le Professeur en anglais avec son accent indien. Ne pas réagir, seulement observer. Regarde, j’ai mal au genou. Regarde, j’ai froid au nez. Regarde, j’ai envie de pleurer moi aussi de crier de me lever de lancer mon coussin et de hurler dire JE NE SUIS PAS CAPABLE de quitter la salle rageusement. Regarde, c’est passé- la douleur, elle est passée. Equanimidad.

Au jour six moi aussi je pleurais. Honteuse. Proprement. J’ai attendu la fin de la méditation en groupe je me suis dirigée posément vers un bosquet je me suis roulée en boule j’ai couvert mon visage avec mon foulard. Et j’ai sangloté silencieusement pour que personne ne m’entende j’ai sangloté de douleur personne ne peut m’aider maintenant que j’ai pensé la douleur que j’ai c’est une douleur que j’ai qui est à moi seule et je dois apprendre à vivre avec que j’ai pensé. La cloche a sonné- on retourne à méditer. J’ai essuyé mes larmes me suis levée ai bu un verre d’eau et y suis retournée.

Au jour neuf moi aussi je pleurais. En plein milieu de la méditation en groupe la pensée m’est venue soudainement je pensais aux gens que je connais aux gens qui m’entourent et est monté cette bouffée de- gratitude? Les larmes ont commencé à couler je n’avais jamais pleuré de bonheur. Les sillons causés par les sanglots la sensation je l’observe je sens l’humidité sur mes joues le froid et à l’intérieur je me sens immensément heureuse.